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le Roi Pele

     

Pelé

Né à Três Corações (Brésil) le 23/10/1940

En 1956, Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, intègre en tant que footballeur professionnel le club brésilien Santos. Le "roi" Pelé ne tarde pas à montrer tout son talent. Il remporte deux ans plus tard sa première coupe du monde avec l'équipe du Brésil, qui sera suivie par deux autres en 1962 et 1970. Joueur innovant, son palmarès compte également deux coupes d'Amérique du Sud et de nombreux autres trophées. Pelé devient une légende vivante avec ses 1281 buts inscrits en 1363 rencontres. Il est sacré meilleur joueur du XXème siècle par la Fifa. Après s'être retiré des terrains de foot en...

Pelé : Biographie


 Dates 

1958

28 juin

Le Brésil et Pelé champions du monde
Le Brésil remporte la Coupe du monde de football qui a lieu en Suède. Cette victoire révèle un joueur exceptionnel : un Brésilien de 17 ans, Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé. Celui-ci triomphera de nouveau lors de la Coupe du monde de 1962 au Chili et celle de 1970 au Mexique. O Rei (le Roi) marquera 1 283 buts au cours des 1 362 matchs de sa carrière. En 2000, il sera sacré "joueur du siècle" par la Fédération internationale de football association (FIFA).

1969

19 novembre

Pelé marque son 1000ème but
Au stade Maracana de Rio de Janeiro, le joueur de football brésilien Edson Arantes do Nascimento, alias Pelé, marque son millième but en sélection professionnelle. Son club de Santos affronte le Vasco de Gama de Rio. Pelé remportera trois coupe du monde avec l'équipe nationale du Brésil, en 1958, 1962 et 1970. En l'an 2000 il sera sacré meilleur jouer du siècle par la Fédération Internationale de Football.

1977

1 octobre

Pelé fait ses adieux au football en marquant son 1281ème but
Edson Arantes Do Nascimento, alias Pelé, tire sa révérence au Giant Stadium de New York. Engagé par le "Cosmos" de New York afin de populariser le football aux Etats-Unis, il dispute son ultime match lors d'une rencontre amicale contre son ancienne formation brésilienne, le club de Santos. Pelé compte à son palmarès : 1 281 buts en 1 363 matchs officiels ; une partie de huit buts ; cinq de cinq ; 31 de quatre ; 89 coups du chapeau et 186 doublés.


Posté le 25/08/2007 | 21 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Fidel Castro

 

Fils d'un riche planteur de Cuba, Fidel Castro suivit des études de droit à La Havane. Titulaire d'un doctorat en droit, il se lance dans une carrière d'avocat. Dès cette époque, il se fait remarquer par une opposition au régime dictatorial du président Fulgencio Batista, qu'il juge inféodé aux États-Unis. Le 26 juillet 1953, à la tête d'un petit groupe armé, il tente de le renverser. L'échec de ce coup de main lui vaut d'être condamné à 15 ans de prison. Gracié en 1955, il part pour le Mexique où il rencontre l'année suivante Ernesto "Che" Guevara, avec lequel il affine son projet: renverser Batista. Le 2 décembre 1956, Castro et 81 guérilleros qui se sont embarqués avec lui sur le Granma débarquent, près du cap Cruz, sur la côte de Cuba. Le 20 juillet 1958, à Caracas, Fidel Castro est proclamé "commandant en chef du Front révolutionnaire démocratique".

Tout d'abord nationaliste, Castro se rapproche rapidement de l'URSS, en proclamant son appartenance au camp socialiste, et prend le titre de líder máximo de la revolución, "chef suprême de la révolution".

Il instaure un régime à parti unique (1965), et devient chef de l'État en 1976.


Posté le 25/08/2007 | 18 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Sekou Touré

« Touré (Sékou), 1922-1984, homme politique guinéen.

Un des fondateurs du Rassemblement démocratique africain.

Député à l’Assemblée nationale française, il fut le

champion du « non » au référendum sur l’institution de la

Communauté française organisé par De Gaulle en 1958.

Président de la République de Guinée la même année,

il établit un système de type socialiste qui glissa

très vite vers une sanglante dictature (...) ». Voilà

ce que le Grand dictionnaire encyclopédique Hachette dit

du premier président guinéen.

Depuis sa disparition de la scène politique africaine, le

26 mars 1984, dans les nombreux ouvrages et articles qui

lui sont consacrés, on retient souvent de lui que l’homme

du « non » à de Gaulle et le tyran, oubliant qu’il fut aussi

l’un des plus virulents défenseurs de la lutte anti-coloniale. Si on lui reconnaît une certaine audace pour s’être opposé à De Gaulle, on lui reproche, par contre, d’avoir instauré un régime dictatorial une fois à la tête de son pays. En tout cas, qu’on l’ait aimé ou pas, Ahmed Sékou Touré a, tout au long de sa vie, soulevé des passions. Diabolisé, il a été traité de communiste, de gauchiste, de totalitaire, et dans le même temps accusé de compromission avec les forces du capitalisme et de l’impérialisme, doctrines qu’il dénonçait. Souvent présenté à travers le prisme déformant des préjugés idéologiques, Sékou Touré a rarement été vu sous l’angle de l’homme, sa vie, sa personnalité, son combat pour l’émancipation de l’Afrique en général, de la Guinée en particulier. Il a plutôt été traité de « vulgaire agitateur politique, relégué au banc de l’infamie, voué aux gémonies ou jeté dans la poubelle de l’histoire »...

Né en 1922 à Faranah, apparenté par sa mère au légendaire

Almany Samory Touré, Ahmed Sékou Touré, a été plus enclin

à suivre la voie de l’austérité que celle du faste.

Après de modestes études primaires et professionnelles,

il devient commis aux écritures, puis postier et, enfin,

cadre du Trésor. Dès la fin de la guerre, en 1945,

il participe à la création de syndicats liés à la CGT

française. Il participe au Congrès de Bamako où est créé,

en 1946, le Rassemblement démocratique africain (RDA), dont

la section guinéenne, le Parti démocratique de Guinée (PDG),

voit le jour l’année suivante. Sékou Touré en devient,

en 1952, le secrétaire général. Il est député à l’Assemblée

nationale française en 1956, maire de Conakry la même année, vice-président du Conseil de gouvernement en 1957, membre du Conseil de l’Afrique occidentale française (AOF) à Dakar...

Syndicaliste, Sékou Touré était convaincu que la lutte de

libération nationale était avant tout une lutte économique

et sociale. « Le syndicalisme implique une action contre ce

qui est contraire à l’intérêt des travailleurs », dira-t-il.

Il maîtrisait bien la législation du travail, et s’est souvent opposé aux autorités coloniales qui le redoutaient ; aussi, son « absence du territoire constituait-elle toujours un grand soulagement pour l’administration et les employeurs ». Lorsqu’il fut élu conseiller territorial de Beyla, en 1954, le « Syli » fit montre de ses capacités à diriger les affaires du pays. Mais pour De Gaulle, « Sékou Touré et son équipe n’étaient pas capables de créer un Etat en Guinée ». C’est sans compter avec la détermination du leader guinéen et son poids dans le pays...

« Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse

dans l’esclavage »

Le général (De Gaulle) l’apprend à ses dépens lors d’un

voyage qu’il effectue en août 1958 à Conakry où il est,

non seulement, reçu avec froideur. Pire, une vieille

dame soulève sa jupe sur son passage et crache sur sa voiture.

De retour à Paris, De Gaulle déclare 

: « Puisqu’ils veulent l’indépendance, eh bien qu’ils la prennent, mais ils n’auront plus un sou ». La brouille entre les deux hommes est consommée... Le « non » du peuple de Guinée lors du référendum du 28 septembre 1958 a succédé à l’affrontement du 25 août (1958) entre le général et le bouillant leader guinéen. « Il n’y a pas de dignité sans liberté : nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage » est l’une des phrases clés du discours de Sékou Touré, à qui De Gaulle, lassé, répond que « l’indépendance est à la disposition de la Guinée [mais] la France en tirera les conséquences ».

La Guinée devient indépendante le 2 octobre 1958, et

Sékou Touré est très vite « mis au coin » par le colonisateur,

ainsi que par plusieurs leaders africains, Léopold Sédar

Senghor du Sénégal et Félix Houphouët-Boigny

de la Côte d’Ivoire. Mais avec vigueur, souvent

avec rigueur, Sékou Touré imprime son empreinte d’homme

d’Etat sur la Guinée qui, faut-il le rappeler, a obtenu son

indépendance dans des conditions très particulières,

contrairement aux autres pays francophones. Il convient

aussi de souligner que c’est la première fois qu’une

colonie se sépare totalement et brutalement de la Métropole.

Même si cette séparation a essuyé, par la suite,

des représailles systématiques. Peut-être se basant

sur ces phrases de l’hymne national de son pays qui disent en

substance : « Guinéens, c’est l’unité qui nous a libérés,

la Guinée appelle tous ses frères de la grande Afrique à se

retrouver », Sékou Touré a aussi donné priorité à l’unité

africaine. Ceci s’est matérialisé, par son soutien

aux mouvements de libération nationale (avec le coup de

pouce à la Guinée Bissau, à l’Angola ; l’aide à la Swapo

et au Frelimo), la lutte contre l’impérialisme et au

non-alignement.

Subitement, le 26 mars 1984, Sékou Touré mourut, des suites

d’une opération cardiaque, aux Etats-Unis. Une semaine plus

tard, le 3 avril 1984, l’armée prit les rênes du pouvoir.

Parmi les hommes en uniforme ayant opéré ce jour-là un coup

d’Etat en évinçant le Premier ministre, Lansana Béavogui,

le successeur constitutionnel du grand « Syli » se trouvait

un certain Lansana Conté qui, devenu prédateur avec bientôt

ses vingt ans passés au pouvoir, use de la répression pour

garder son fauteuil. Bien que rongé depuis par un diabète

chronique, l’homme ne veut pas passer la main...

Sékou Touré, un dictateur ? Les circonstances ont joué un

rôle non négligeable pour qu’il le devienne... Vingt ans après

sa mort, l’homme qui a eu l’audace de dire haut « non »

à De Gaulle reste encore un héros pour les uns, un tyran pour

les autres. Somme toute, l’histoire africaine retiendra

qu’Ahmed Sékou Touré fut un homme courageux et rigoureux,

un leader syndical incomparable ayant évolué dans un contexte

international marqué par l’adversité d’abord dans la lutte

pour l’indépendance, et ensuite pour la gestion de

l’indépendance contre laquelle l’ancienne métropole

n’a cessé d’œuvrer en s’appuyant, comme elle a toujours su

le faire, sur des complices extérieurs et intérieurs.


Posté le 25/08/2007 | 30 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Mao

Mao est le fils aîné d'une famille relativement prospère de Shaoshan dans le département de Xiangtan, province de Hunan. Ses ancêtres étaient venus de la province du Jiangxi sous la dynastie Ming et s’étaient installés comme paysans. Sa langue natale était le xiang et non le mandarin, dialecte en grande partie intelligible des autres chinois mais qui restera caractéristique de ses discours, mais aussi de ses faibles capacités en langues : il ne maîtrisera jamais le putonghua, la langue standard chinoise que son propre régime a mis en place.

En 1908, son père le maria à une de ses nièces, Luo, de quatre ans son aînée. En 1936, Mao prétendit à Edgar Snow n'avoir jamais vécu avec elle. Elle mourut en 1910. De ce mariage, Mao devint un adversaire acharné des mariages arrangés.

Durant la révolution chinoise de 1911, Mao s’engagea dans un régiment local du Hunan. Cependant son aversion pour le service militaire le conduisit à retourner à l’école à Changsha.

En 1918, il fut diplômé de la première école normale provinciale du Hunan. Il se mit à voyager avec son professeur Yang Changji, son futur beau-père, jusqu’à Pékin ou il passa les événements du mouvement du 4 mai en 1919.

Yang était professeur à l’université de Pékin. Grâce à la recommandation de Yang, Mao travailla comme aide bibliothécaire à l’université sous les ordres de Li Dazhao. Mao s’enregistra comme étudiant à temps partiel à l’université et suivi des cours et séminaires dispensés par des intellectuels célèbres comme Chen Duxiu, Hu Shi, Qian Xuantong, etc. Durant son séjour à Pékin il lut énormément ce qui lui permit de se familiariser avec les théories communistes. Il se maria avec son condisciple Yang Kaihui, la fille du professeur Yang.

Employé à la bibliothèque de Pékin, Mao Zedong révéla par la suite sa rancune envers les lettrés chinois, qui méprisaient son origine paysanne. Il garda toutefois un goût pour la poésie et la calligraphie, devenu célèbre par la suite.

À l'inverse de certains de ses éminents contemporains révolutionnaires, tels que Zhou Enlai, Mao rejeta l'idée d'aller étudier en France : hors l'aspect financier du périple, l'idée a été avancée que les faibles capacités linguistiques de Mao l'avaient découragé : la langue chinoise étant déjà un obstacle (le dialecte du Hunan étant sa référence principale). On remarque qu'il ne s'est jamais rendu par la suite en Union soviétique par exemple. Plus tard, il déclara que c’était parce qu’il croyait fermement que les problèmes de la Chine pouvaient être étudiés et résolus en Chine. Il est souvent avancé que Mao s'est très tôt penché sur les problèmes de la paysannerie. Il apparaît au contraire que c'est assez tard que le problème paysan est devenu un point important pour lui : c'est quand le Guomindang lui a commandé des articles pour des revues consacrés au monde paysan qu'un semblant d'intérêt, n'étant même pas à son initiative, a laissé des traces dans sa biographie.

Le 23 juillet 1921, à l’âge de 27 ans, Mao participa à la première session du congrès du parti communiste chinois à Shanghai : il semble qu'il n'ait pris aucune part active aux débats, face aux autres participants impliqués depuis plus longtemps que lui dans la cause révolutionnaire. Deux ans plus tard, il fut élu un des cinq commissaires du comité central du parti au cours de la session du troisième congrès.

Mao resta un certain temps à Shanghai, une ville importante où le PCC essayait de promouvoir la révolution. Mais après que le parti eut rencontré des difficultés majeures en essayant d'organiser les mouvements syndicalistes et que ses relations avec son allié nationaliste, le Guomindang se furent détériorées, Mao perdit ses illusions de faire la révolution à Shanghai et retourna à Shaoshan. Durant son retour à la maison, Mao réanima son intérêt dans la révolution après avoir été mis au courant des soulèvements de 1925 à Shanghai et Canton. Il s'en fut alors dans le Guangdong, la base du Guomindang, et prit part à la préparation du deuxième congrès national du Guomindang.

Il y travailla activement pour le Guomindang, obéissant à cet égard aux directives du Kremlin, qui souhaitait développer un réseau étendu de taupes communistes déclarées ou officielles ; cependant son engagement au sein du Guomindang, opportuniste, lui a valu d'être taxé de traître par les autres communistes. C'est une période de sa vie qui est largement oblitérée de l'histoire officielle chinoise.

Au début 1927, Mao retourna dans la province du Hunan où, dans une réunion du parti communiste, il fit un rapport sur les conclusions qu'il tirait des soulèvements paysans à la suite de l'expédition du Nord. Ceci est considéré comme le point de départ initial mais décisif vers l'application des théories révolutionnaires de Mao.

[modifier] De la guérilla à la révolution

Dans la première partie de sa vie politique, Mao Zedong a été influencé par le Mouvement du 4 mai 1919, le rejet de la culture classique, de l'impérialisme et l'apport d'idées socialistes. En 1927, Mao conduisit le soulèvement de la récolte d’automne à Changsha, Hunan, en tant que commandant en chef. Mao était à la tête d’une armée, appelée l’ « armée révolutionnaire des travailleurs et des paysans », mais fut vaincu et isolé après des batailles violentes. Ensuite, les troupes épuisées furent forcées de quitter la province du Hunan pour Sanwan, Jiangxi, où Mao re-organisa les soldats isolés, réorganisant les divisions militaires en régiments plus petits. Mao demanda aussi que chaque compagnie ait une cellule du parti avec un commissaire qui puisse donner des instructions politiques sur la base d’instructions supérieures. Ce réarrangement militaire à Sanwan, province du Jiangxi, commença le contrôle absolu du PCC sur ses forces militaires et a été considéré comme ayant l'impact le plus fondamental de la révolution chinoise. Ultérieurement, Mao se déplaça dans les Jinggang Shan, Jiangxi.

Dans les Jinggang Shan, Mao persuada deux chefs rebelles locaux de se soumettre. Mao fut rejoint par l’armée de Zhu De, créant ainsi l’"armée rouge des travailleurs et des paysans de Chine", soit, en bref, l’Armée rouge.

De 1931 à 1934, Mao établit la République soviétique chinoise du Jiangxi et fut élu président de cette petite république dans les régions montagneuses du Jiangxi. C’est là que Mao se maria avec He Zizhen. Sa précédente épouse Yang Kaihui ayant été arrêtée et exécutée en 1930.

Au Jiangxi, la domination autoritaire de Mao, en particulier dans le domaine militaire, fut défiée par la branche du PCC du Jiangxi et par des officiers. Les opposants de Mao, parmi lesquels le plus important était Li Wenlin, le fondateur de la branche du PCC et de l’armée rouge au Jiangxi, s’opposaient aux politiques agraires de Mao et à ses propositions de réforme de la branche locale du parti et des dirigeants de l’armée. Mao réagit d’abord en accusant ses opposants d’opportunisme et de koulakisme et les supprima d’une manière systématique. Le nombre de victimes est estimé à plusieurs milliers et pourrait atteindre 186 000 (ref : Chine: L'archipel oublié by Jean-Luc Domenach, pg 47.) Grâce à ce terrorisme, l’autorité de Mao et sa domination du Jiangxi fut renforcée. Jung Chang et Jon Halliday estiment qu'à son apogée, la république soviétique chinoise couvrait quelques 150 000 km² pour une population de dix millions d'habitants. Ils indiquent également que, rien que sur la zone centrale du Jiangxi et du Fujian, le régime communiste fit, en trois ans, sept cent mille victimes (assassinats, suicides, travaux forcés,...), soit 20 % de la population.

Mao, avec l’aide de Zhu De, construisit une armée modeste mais efficace, et entreprit des expériences de réforme rurale et de gouvernement, et offrit un refuge aux communiste qui fuyaient les purges droitistes dans les villes. Les méthodes de Mao sont normalement considérées comme celles d’une guérilla ; mais Mao faisait une distinction entre guérilla (youji zhan) et guerre mobile (yundong zhan).

La guérilla de Mao ou sa guerre mobile se reposait sur une armée rouge qui avait un armement et une formation dérisoire mais comprenait des paysans pauvres encouragés par des passions révolutionnaires et ayant foi dans l'utopie communiste.

Dans les années 1930, Il n’y avait pas moins de dix régions considérées comme “régions soviétiques” sous le contrôle du PCC et le nombre de soldats de l’armée rouge avoisinait les cent mille. La prospérité des “région soviétiques” étonnait et ennuyait Chiang Kai-shek, président du Guomindang, qui lança cinq campagnes contre ces « régions soviétiques ». Plus d’un million de soldats du Guomindang furent impliqués dans ces campagnes, quatre d’entre elles ayant été repoussées par l’armée rouge conduite par Mao.

[modifier] La Longue Marche, un mythe moderne

Mao en 1946
Mao en 1946

Après la fondation du soviet du Jiangxi sur le modèle russe, Mao Zedong peine à s'imposer dans la hiérarchie du Parti. Considéré comme un modéré, voire un droitiste, il découvre une méthode soviétique qu'il n'oubliera plus par la suite : les purges. Il parvient à asseoir une certaine autorité en procédant ainsi à un régime de la terreur, s'appuyant sur le prétexte de contrecarrer des "AB" (anti-bolchéviques), ou sous d'autres étiquettes.

Déconsidéré du fait de ses choix stratégiques toujours pris en fonction de son intérêt personnel, au risques de milliers de morts inutiles, il est déconsidéré par ses pairs, et ce n'est qu'à grand-peine qu'il serait parvenu à rejoindre le contingent des troupes de l'Armée populaire, dans ce qui sera pompeusement appelé plus tard la Longue Marche.

Manœuvrant sans cesse pour grimper dans la hiérarchie militaire et politique, en menaçant ses proches collaborateurs de leur faire porter la responsabilité de ses propres erreurs, il parvient à faire tourner en rond le contingent des troupes devant opérer la jonction avec le contingent du Nord, sous la direction d'un chef plus puissant et donc menaçant pour son autorité. Les troupes conduites par Mao Zedong pratiquaient couramment le pillage pour assurer leur approvisionnement, aussi il semble tout à fait faux de considérer la Longue Marche comme un mouvement fédérateur du monde paysan : ceux-ci étaient terrorisés, et préféraient la domination du parti nationaliste de Tchang Kaï-chek, moins violent.

Il semble aussi falloir considérer le fait que Tchang Kaï-chek ait toléré dans un large mesure le mouvement des troupes de l'Armée populaire, d'une part à cause du soutien théorique de l'Union soviétique, mais aussi parce que le Kremlin retenait en otage le fils du leader nationaliste. Tchang aurait ainsi sciemment permis aux troupes communistes de réaliser la jonction avec les troupes du nord.

[modifier] Avènement de la République populaire de Chine

Le 1er octobre 1949, à Pékin, du balcon de la Cité interdite des anciens empereurs, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine. Cette prise de pouvoir met fin à une longue période de guerre civile marquée par l'invasion japonaise et la Longue Marche, le Guomindang s'étant exilé à Taiwan.

[modifier] Du leader désavoué au culte de la personnalité

Après son accession au pouvoir, Mao répéta les erreurs de gestion économique, le plus souvent catastrophiques pour son pays ; son intelligence des rouages du pouvoir est en revanche hors du commun, ce qui lui permit de rester en place jusqu'à sa mort.

[modifier] Les Cent fleurs

La campagne des Cent Fleurs (symbole de "cent écoles, cent opinions qui s'expriment") : en 1957, Mao encourage la liberté d'expression de la population, exhortant en particulier les intellectuels à critiquer le Parti. Mais le mouvement prend rapidement une ampleur qu'il n'avait pas envisagée : les critiques explosent littéralement, échappant bien vite à son contrôle et le menant à une violente campagne de répression.

[modifier] Le « Grand Bond en avant »

Entre 1958 et 1960, Mao Zedong met en œuvre un mouvement de réformes industrielles qui devait permettre de "rattraper le niveau de production d'acier de l'Angleterre" en seulement 15 ans. Des communes de production sont organisées au niveau local, et toute la population, et par dessus tout le monde paysan, est sommée d'y apporter sa contribution. Mao place dans la force du peuple, du "prolétariat" des espoirs démesurés: durant le "grand bond en avant", les paysans seront surexploités, on leur demandera de tout faire en même temps, des récoltes à la production sidérurgique. Malgré les efforts surhumains déployés, c'est une catastrophe, la main d'œuvre inexpérimentée produit des biens d'une qualité exécrable tandis que les récoltes, faute de temps, pourrissent sur pied. Le "grand bond en avant" se solde donc par un échec cuisant et une famine d'une ampleur désastreuse, peut-être la plus meurtrière que la terre ait jamais portée. Mao Zedong, après avoir longtemps ignoré le désastre ou rejeté la cause de la non-efficacité de son programme sur des éléments extérieurs (par exemple des contre-révolutionnaires voulant enrayer son pouvoir) se retrouve en minorité au Comité de direction du Parti. De plus, la confiance du peuple en l'idéologie de Mao est fortement ébranlée.

[modifier] La Révolution culturelle

La Révolution culturelle (1966-1969) durant la période de troubles et de contestations qui suit le catastrophique "grand bond en avant", lui permet de reprendre le pouvoir et les rênes du pays. Entamée afin de réhabiliter Mao dans son pouvoir, elle commence à la suite d'une polémique que lance son épouse Jiang Qing. La "révolution culturelle" incite les jeunes à prendre le pouvoir, à se révolter contre les fonctionnaires corrompus, désormais "ennemis du peuple"- les Gardes rouges (qui ne sont autres que les étudiants "révolutionnaires") sont créés à cette occasion. Mais, comme lors du mouvement des "cent fleurs", la polémique échappe au contrôle de Mao et le tout se soldera une fois de plus par une violente répression armée, un massacre sanglant. Suite à cela, beaucoup d'intellectuels seront envoyés en rééducation, soit forcés à quitter les villes pour partir vivre à la campagne où ils subiront un dur apprentissage du métier de paysan et une partie considérable du patrimoine culturel chinois est détruit à cette occasion. Au sortir de cette nouvelle crise, le peuple chinois sera définitivement traumatisé, tant par les atrocités physiques que par les incroyables violences morales (telles que les fameuses "autocritiques", humiliations publiques d'une cruauté morale traumatisante). Le goulag chinois, le "Laogai" est bien plus peuplé que son équivalent russe ; ses conditions de détention n'y sont pas meilleures.

À la fin de son règne, Mao Zedong changea sa stratégie d'autarcie en invitant le président américain Richard Nixon en Chine, préfigurant la politique d'ouverture de Deng Xiaoping. Par cette rencontre, les deux leaders entendaient contrebalancer la puissance de l'Union Soviétique.

Par la suite, la politique idéologique extrême menée par Mao Zedong a fait l'objet de critiques ouvertes au sein du Parti Communiste Chinois, qui met fin au culte de la personnalité et à l'idolâtrie qu'il avait lui-même organisée et intensifiée à la fin de sa vie. Le limogeage de la Bande des Quatre, dont son épouse, Jiang Qing, qui a eu lieu rapidement après sa mort prouve bien à quel point sa politique était tombée en disgrâce, tant dans les hautes sphères du parti que dans l'esprit populaire.

Pour la majorité des Chinois, il reste néanmoins le grand libérateur de la Chine et le constructeur de la Chine moderne. Malgré les conséquences catastrophiques de ses réformes spectaculaires, il aura laissé le souvenir d'une période d'égalité et d'unité et il reste révéré par le peuple comme le dernier des empereurs chinois. Les historiens occidentaux ont beaucoup critiqué ses choix politiques et son autoritarisme, toujours sujets à controverse.

[modifier] Conclusion

Il est très difficile de porter un jugement sur l'œuvre de Mao Zedong, dont les « bienfaits » (la création d'une Chine moderne et indépendante) sont contrebalancés par la répression d'un régime totalitaire : parti unique (et donc régime autoritaire et anti-démocratique), propagande, primauté du militaire, état policier (arrestations arbitraires, tortures, ...), endoctrinement politique dès l'enfance, autocritiques obligatoires, laogai, répression des minorités (Ouïghours), expansion territoriale (occupation du Tibet, dont l'occupation fut lancée en octobre 1950), eugénisme ... Ce trait ultra-répressif, commun à la plupart des pays ayant adopté un régime stalinien (URSS, Cambodge, Corée du Nord...) est à replacer dans le contexte du déclin de l'impérialisme colonial, puis de la guerre froide.


Posté le 25/08/2007 | 26 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Marcus Garvey

 

L’histoire du rastafarisme commence avec Marcus Mosiah Garvey, prophète noir qui acquit une certaine popularité dans le Harlem des années 20. Le culte de cette figure légendaire n’a pas cessé d’être célébré depuis par tous les reggaemen. Burning Spear lui consacra même deux albums entiers. Peter Tosh fait référence à l’homme sur le morceau The Prophets (Album Bush Doctor, Rolling Stones Records, 1978) et Bob Marley l’évoque aussi sur Kinky reggae (album Catch a Fire, lsland, 1973). Globalement incompris et calomnié aux Etats-Unis, il était en revanche adoré et respecté par ses compatriotes jamaïcains.

Né en Jamaïque en 1887, Marcus Garvey émigra aux Etats-Unis en 1916 et, l’année suivante, il fonda l’Association universelle pour l’amélioration de la condition noire (Universal Negro Improvement Association, UNIA, toujours en activité). Sous son impulsion, cette organisation devint le principal défenseur de " la rédemption par le rapatriement" (redemption trough repatriation), avec la bénédiction du Ku Klux Klan. La classe moyenne noire et les libéraux blancs étaient effrayés par de telles positions, pensant que la solution des problèmes raciaux reposait sur la cohabitation intelligente des différentes communautés. Le Klan, en revanche, approuvait tout à fait cette purification ethnique par un départ volontaire. Pour aider le mouvement, le Klan alla jusqu’à participer à certains meetings de l’UNIA, à l’invite de son leader. Très actif, Marcus Garvey créa son propre journal, The Negro World, à New York. Le slogan nationaliste de Garvey " One Aim, One God, One Destiny " en devint la devise.  

They took us away from our homeland

En 1919, Marcus Garvey créé la Black Star Line, compagnie maritime censée servir le projet de rapatriement. Il fit la tournée du pays à la façon d’un monarque pour promouvoir son initiative et recueillir des investissements. A New York, il descend les rues de Manhattan à bord d’une Limousine, suivi par 250 000 adeptes. Les autorités fédérales commencent à s’intéresser à lui. En 1922, après la banqueroute de la Black Star Line, Garvey et trois de ses associés sont poursuivis par les tribunaux. Accusé de fraude postale, il reste en liberté surveillée jusqu’en 1925. Sa condamnation est alors confirmée. Il est emprisonné au pénitencier fédéral d’Atlanta. Le président Collidge commuta sa sentence en 1927 et Garvey fut envoyé en exil en Jamaïque. Il ne reste de ses projets que des paroles de chansons, Culture et quelques autres n’ayant pas renoncé au voyage :

" They took us away from our homeland
And we are slaving down here in Babylon
They are waiting for an opportunity
For the Black Starliner which is to come "
Culture, Black Starliner
(Trust me, Jahmin’ Records, 1997)

Les Jamaïcains écoutent avec enthousiasme les meetings de Garvey, organisés dans les mois qui suivent son retour. La vie politique de l’île s’en trouve bouleversée. Il est vrai que Marcus Garvey peut compter sur le soutien d’un autre activiste, son ami Leonard Percival Howell, avec lequel il a noué des liens lors de son séjour à New York.

En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouvait à l’étroit et, en 1935, il part pour l’Angleterre. De là, il surveille la régression internationale de son mouvement. Il meurt en Angleterre en 1940.

Look to Africa, where a black king shall be crowned

Avant de partir pour l’Angleterre, Marcus Garvey prononça à Kingston un discours qui marqua le lancement du mouvement Rasta. Dans une église de la capitale, un dimanche de 1927, il eut ces mots :

" Look to Africa, where a black king shall be crowned "

" Regardez vers l’Afrique, où un roi noir doit être couronné "

En novembre 1930 le Daily Gleaner, journal populaire de Kingston, rapporta en première page qu’un chef tribal méconnu, Ras Tafari Mekonnen, avait été couronné sous le nom de Heile Selassie I (le nom signifie " Pouvoir de la Sainte Trinité "). Les Rastas y virent un accomplissement de la prophétie de Garvey. Pour s’en assurer, ils cherchèrent dans la Bible une confirmation de la nature divine des événements, dans la tradition du revivalisme. A force de chercher, ils trouvèrent un passage qui confirmait le mythe, au paragraphe 5:5 de la Revelation :

" Then one of the Elders said to me, ‘weep not ; lo, the lion of the tribe of Judah, the Root of David, has conquered, so that he can open the scroll and its seven seals "

C’est Archibald Dunkley, ancien matelot comme Howell, qui relèvera ces allusions bibliques. Plusieurs générations de Rasta ont poursuivi ce bricolage mythologique en l’enrichissant de références, de rites et de figures diverses. Aujourd’hui, l’histoire du mouvement Rasta laisse de côté la façon dont s’est constituée la croyance. Les protecteurs du mythe développe une iconographie et un discours qui doit montrer le caractère spontané et quasi-magique des faits qui ont conduit à la formation du mouvement rasta. Culture consacra par exemple la pochette de Trust Me au culte de Heile Selassie, représentant les passages de la Bible qui avalisent la croyance Rasta comme s’il s’agissait de trésors archéologiques prouvant l’existence de l’Atlantide.


Posté le 25/08/2007 | 51 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

L’histoire du rastafarisme commence avec Marcus Mosiah Garvey, prophète noir qui acquit une certaine popularité dans le Harlem des années 20. Le culte de cette figure légendaire n’a pas cessé d’être célébré depuis par tous les reggaemen. Burning Spear lui consacra même deux albums entiers. Peter Tosh fait référence à l’homme sur le morceau The Prophets (Album Bush Doctor, Rolling Stones Records, 1978) et Bob Marley l’évoque aussi sur Kinky reggae (album Catch a Fire, lsland, 1973). Globalement incompris et calomnié aux Etats-Unis, il était en revanche adoré et respecté par ses compatriotes jamaïcains.

Né en Jamaïque en 1887, Marcus Garvey émigra aux Etats-Unis en 1916 et, l’année suivante, il fonda l’Association universelle pour l’amélioration de la condition noire (Universal Negro Improvement Association, UNIA, toujours en activité). Sous son impulsion, cette organisation devint le principal défenseur de " la rédemption par le rapatriement" (redemption trough repatriation), avec la bénédiction du Ku Klux Klan. La classe moyenne noire et les libéraux blancs étaient effrayés par de telles positions, pensant que la solution des problèmes raciaux reposait sur la cohabitation intelligente des différentes communautés. Le Klan, en revanche, approuvait tout à fait cette purification ethnique par un départ volontaire. Pour aider le mouvement, le Klan alla jusqu’à participer à certains meetings de l’UNIA, à l’invite de son leader. Très actif, Marcus Garvey créa son propre journal, The Negro World, à New York. Le slogan nationaliste de Garvey " One Aim, One God, One Destiny " en devint la devise.  

They took us away from our homeland

En 1919, Marcus Garvey créé la Black Star Line, compagnie maritime censée servir le projet de rapatriement. Il fit la tournée du pays à la façon d’un monarque pour promouvoir son initiative et recueillir des investissements. A New York, il descend les rues de Manhattan à bord d’une Limousine, suivi par 250 000 adeptes. Les autorités fédérales commencent à s’intéresser à lui. En 1922, après la banqueroute de la Black Star Line, Garvey et trois de ses associés sont poursuivis par les tribunaux. Accusé de fraude postale, il reste en liberté surveillée jusqu’en 1925. Sa condamnation est alors confirmée. Il est emprisonné au pénitencier fédéral d’Atlanta. Le président Collidge commuta sa sentence en 1927 et Garvey fut envoyé en exil en Jamaïque. Il ne reste de ses projets que des paroles de chansons, Culture et quelques autres n’ayant pas renoncé au voyage :

" They took us away from our homeland
And we are slaving down here in Babylon
They are waiting for an opportunity
For the Black Starliner which is to come "
Culture, Black Starliner
(Trust me, Jahmin’ Records, 1997)

Les Jamaïcains écoutent avec enthousiasme les meetings de Garvey, organisés dans les mois qui suivent son retour. La vie politique de l’île s’en trouve bouleversée. Il est vrai que Marcus Garvey peut compter sur le soutien d’un autre activiste, son ami Leonard Percival Howell, avec lequel il a noué des liens lors de son séjour à New York.

En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouvait à l’étroit et, en 1935, il part pour l’Angleterre. De là, il surveille la régression internationale de son mouvement. Il meurt en Angleterre en 1940.

Look to Africa, where a black king shall be crowned

Avant de partir pour l’Angleterre, Marcus Garvey prononça à Kingston un discours qui marqua le lancement du mouvement Rasta. Dans une église de la capitale, un dimanche de 1927, il eut ces mots :

" Look to Africa, where a black king shall be crowned "

" Regardez vers l’Afrique, où un roi noir doit être couronné "

En novembre 1930 le Daily Gleaner, journal populaire de Kingston, rapporta en première page qu’un chef tribal méconnu, Ras Tafari Mekonnen, avait été couronné sous le nom de Heile Selassie I (le nom signifie " Pouvoir de la Sainte Trinité "). Les Rastas y virent un accomplissement de la prophétie de Garvey. Pour s’en assurer, ils cherchèrent dans la Bible une confirmation de la nature divine des événements, dans la tradition du revivalisme. A force de chercher, ils trouvèrent un passage qui confirmait le mythe, au paragraphe 5:5 de la Revelation :

" Then one of the Elders said to me, ‘weep not ; lo, the lion of the tribe of Judah, the Root of David, has conquered, so that he can open the scroll and its seven seals "

C’est Archibald Dunkley, ancien matelot comme Howell, qui relèvera ces allusions bibliques. Plusieurs générations de Rasta ont poursuivi ce bricolage mythologique en l’enrichissant de références, de rites et de figures diverses. Aujourd’hui, l’histoire du mouvement Rasta laisse de côté la façon dont s’est constituée la croyance. Les protecteurs du mythe développe une iconographie et un discours qui doit montrer le caractère spontané et quasi-magique des faits qui ont conduit à la formation du mouvement rasta. Culture consacra par exemple la pochette de Trust Me au culte de Heile Selassie, représentant les passages de la Bible qui avalisent la croyance Rasta comme s’il s’agissait de trésors archéologiques prouvant l’existence de l’Atlantide.


Posté le 25/08/2007 | 32 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Malcom X

              
Malcolm X est sans doute avec Marcus Garvey 
et Martin Luther King le leader noir le plus
 important de l'histoire contemporaine. Malcolm
 avait non seulement un talent d'orateur incontestable,
 mais il avait aussi une vrai vision du monde qui 
l'entourait, de plus il ne s'est jamais contenté 
de beau discour, il est toujours passé aux actes,
 et a oeuvré pour sa comunauté à l'instar de Nat Turner 
et John Brown, et d'autres noirs qui, quelques décénnies 
plus tôt, aidaient les esclaves à s'enfuir de leur 
plantation. A chaque époque de sa vie Malcolm a été 
sincère dans tous ce qu'il a entreprit ce qui ne l'a pas 
empêché d'éfectuer des changements de direction complet 
dans ses idées et son comportement : quand il a découvert
 l'Islam ou encore après son pélerinage à la ville sainte 
de la Mecque.
Marcus Garvey a été l'instingateur de l'unité africaine, 
son message s'adressait à tous les noirs d'"Afrique et
 d'ailleur". Jomo Kenyatta, Léopold Senghor, Kwame Nkrumah,
 sont en Afrique les hérités de l'oeuvre de Garvey ; 
Malcolm X est l'héritier du message de Garvey en Amérique.
 Comme Garvey, Malcolm X était détesté du pouvoir blanc et 
riche américain. L'ignoble J.Edgar Hoover, chef du FBI le 
détestait. Malcolm X oeuvrait pour le bien, pour la paix. 
Il décrivait dans ses discours le réél portrait de l'amérique,
 dans lequel l'Homme noir n'avait pas sa place. Comment 
les noirs auraient ils put s'intégrer dans une société 
où ils sont la victime consante de la haine et de la 
violence. Malcolm X ne pronait pas l'intégration. 
C'est à la société blanche d'évoluer, si elle est 
incapable de reconnaître ses propres crimes et mensonges,
 l'homme noir n'a pas à s'y intégré. Comme l'enseignait 
l'Honorable Elijah Muhammad, Malcolm pronait la sépararation
 de l'amérique en 2 pays différent pour les blancs et 
les noirs. Malcolm enseignait à ses frères la vérité, 
sur l'Afrique, l'esclavage, il leur ouvrait les yeux, 
leur redonnait foi en eux-même. Il leur apprenait à se 
défendre face à la violence des blancs, de ses organisations
 racistes et de sa police, qui était l'organe oficielle
 des racistes pour aller casser du nègre. Malcolm enseignait
 le nationalisme noir, c'est-à-dire, qu'il essayait
 d'apprendre au noir à oeuvrer pour eux, à s'occupé de 
leurs affaires, et à s'organiser. Les propriétaires des
 magasins tenu par des noirs était blanc et l'argent que 
dépensait les noirs dans ces magasins allait dans la poche 
des blancs, pas 1 dollar ne revennait dans la communauté, pour 
créer des écoles, ouvrir des bibliothèques... Les noirs étaient  "tenu dans un étau".
L'amérique blanche désignait Malcolm X comme un violent, 
un extremiste, mais il n'a jamais été impliqué dans quelques 
formes de violences que ce soit, si ce n'est celles dont il 
a été la victime. Le message de Malcolm s'adressait 
à tous les hommes et femmes, Yuri Kochiyama amie japonaise 
de Malcolm X dira plus tard de lui, qu'"il détestait 
tous ce qu'un hommes devrait detester. Il détestait 
le racisme et l'hypocrisie, l'oppression et la tyranie des 
gens au pouvoir, et il aimait l'Humanité, bien-sûr l'humanité 
des gens de ce pays à cause de leur racisme, n'est pas 
le genre d'humanité que l'on aime spontanément".

Posté le 25/08/2007 | 23 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Malcom X

              

Malcolm X est sans doute avec Marcus Garvey

et Martin Luther King le leader noir le plus

important de l'histoire contemporaine. Malcolm

avait non seulement un talent d'orateur incontestable,

mais il avait aussi une vrai vision du monde qui

l'entourait, de plus il ne s'est jamais contenté

de beau discour, il est toujours passé aux actes,

et a oeuvré pour sa comunauté à l'instar de Nat Turner

et John Brown, et d'autres noirs qui, quelques décénnies

plus tôt, aidaient les esclaves à s'enfuir de leur

plantation. A chaque époque de sa vie Malcolm a été

sincère dans tous ce qu'il a entreprit ce qui ne l'a pas

empêché d'éfectuer des changements de direction complet

dans ses idées et son comportement : quand il a découvert

l'Islam ou encore après son pélerinage à la ville sainte

de la Mecque.

Marcus Garvey a été l'instingateur de l'unité africaine,

son message s'adressait à tous les noirs d'"Afrique et

d'ailleur". Jomo Kenyatta, Léopold Senghor, Kwame Nkrumah,

sont en Afrique les hérités de l'oeuvre de Garvey ;

Malcolm X est l'héritier du message de Garvey en Amérique.

Comme Garvey, Malcolm X était détesté du pouvoir blanc et

riche américain. L'ignoble J.Edgar Hoover, chef du FBI le

détestait. Malcolm X oeuvrait pour le bien, pour la paix.

Il décrivait dans ses discours le réél portrait de l'amérique,

dans lequel l'Homme noir n'avait pas sa place. Comment

les noirs auraient ils put s'intégrer dans une société

où ils sont la victime consante de la haine et de la

violence. Malcolm X ne pronait pas l'intégration.

C'est à la société blanche d'évoluer, si elle est

incapable de reconnaître ses propres crimes et mensonges,

l'homme noir n'a pas à s'y intégré. Comme l'enseignait

l'Honorable Elijah Muhammad, Malcolm pronait la sépararation

de l'amérique en 2 pays différent pour les blancs et

les noirs. Malcolm enseignait à ses frères la vérité,

sur l'Afrique, l'esclavage, il leur ouvrait les yeux,

leur redonnait foi en eux-même. Il leur apprenait à se

défendre face à la violence des blancs, de ses organisations

racistes et de sa police, qui était l'organe oficielle

des racistes pour aller casser du nègre. Malcolm enseignait

le nationalisme noir, c'est-à-dire, qu'il essayait

d'apprendre au noir à oeuvrer pour eux, à s'occupé de

leurs affaires, et à s'organiser. Les propriétaires des

magasins tenu par des noirs était blanc et l'argent que

dépensait les noirs dans ces magasins allait dans la poche

des blancs, pas 1 dollar ne revennait dans la communauté, pour créer des écoles, ouvrir des bibliothèques... Les noirs étaient "tenu dans un étau".

L'amérique blanche désignait Malcolm X comme un violent,

un extremiste, mais il n'a jamais été impliqué dans quelques

formes de violences que ce soit, si ce n'est celles dont il

a été la victime. Le message de Malcolm s'adressait

à tous les hommes et femmes, Yuri Kochiyama amie japonaise

de Malcolm X dira plus tard de lui, qu'"il détestait

tous ce qu'un hommes devrait detester. Il détestait

le racisme et l'hypocrisie, l'oppression et la tyranie des

gens au pouvoir, et il aimait l'Humanité, bien-sûr l'humanité

des gens de ce pays à cause de leur racisme, n'est pas

le genre d'humanité que l'on aime spontanément".


Posté le 25/08/2007 | 23 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Mort de Martin Luther King

La radicalisation... et la mort

Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient été mis en lui, et il ne voulait pas décevoir. Aussi fit-il l'apprentissage des ghettos noirs, quand bien même il s'apercevait qu'on l'écoutait moins. Progressivement aussi, il découvrit que le mal n'était pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu'il était également dans les choix politiques. Jusqu'ici, il avait cru au système américain : il commençait à présent à le critiquer. C'était tout le système qui était empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien.

En 1966, Martin et Coretta King s'installèrent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l'exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des chômeurs pour restaurer des logements inhabités. Le propriétaire le fit poursuivre en justice. Il organisa une grève des loyers avec des locataires exploités. Les classes supérieures s'indignèrent : il avait touché au sacro-saint droit de propriété ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifiées de socialistes : construction de logements sociaux dispersés dans la cité, amélioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des écoles vraiment intégrées... S'adressant au gouvernement fédéral, il réclama un revenu annuel minimum garanti par tête, des lois interdisant la ségrégation pour les ventes et locations de logements, l'augmentation des subventions pour l'éducation, les services sanitaires et sociaux... Il voulait que la République fasse pour ses anciens esclaves ce qu'elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontrèrent que peu d'échos.

Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.

Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu.

Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas. Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison".

C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur".

Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.

 

Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson. Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible...

King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.


Posté le 25/08/2007 | 22 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Mort de Thomas Sankara 2

                   

Victime d’un coup d’état, son « lieutenant », Blaise Compaoré, s’est installé au pouvoir.

Jeudi 15 octobre 1987. Il est 16 heures. Des armes crépitent au Conseil de l’entente, l’état-major du Conseil national de la révolution à Ouagadougou, tout près des ministères et de la présidence. Un groupe de soldats para-commando vient de débarquer avec, à l’évidence, pour mission de liquider tout le monde.
Dans la cour, tous les gardes sont abattus. Dans un bureau, le capitaine Thomas Sankara en réunion avec des conseillers lance à son entourage : « restez-là, c’est moi qu’ils veulent ! » Le président, en tenue de sport, se précipite dehors les mains en l’air. Mais il est immédiatement fauché à l’arme automatique. Aucun de ses gardes ni conseillers ne sera épargné. En tout, une quinzaine de personnes sont abattues. Ils seront tous enterrés à la hâte, la même nuit, au cimetière de Dagnoen, un quartier de l’est de Ouagadougou.
Dans toute la zone de la présidence et du Conseil de l’entente, militaires et civils courent dans tous les sens.
Les Burkinabés qui sont au bureau ou à la maison se précipitent vers les postes transistors. Sur Radio Burkina, les programmes sont suspendus. On ne diffuse plus que de la musique militaire. Pour des Burkinabés déjà habitués aux coups d’État, c’est un signe qui ne trompe pas : le pouvoir a changé de main. La confirmation ne tarde pas. Un communiqué lu à la radio par un officier annonce notamment la démission du président du Faso, la dissolution du Conseil national de la révolution et proclame la création d’un Front populaire dirigé par le capitaine Blaise Compaoré, jusque-là numéro deux du régime révolutionnaire.

La confusion est totale. Le citoyen de base ne comprend pas pourquoi un règlement de comptes aussi sanglant entre deux leaders considérés comme « amis et frères ».
Mais les observateurs, eux, ne sont pas surpris. Depuis quelques mois, la guerre des chefs avait commencé au sommet de l’État entre les deux capitaines, numéros un et deux du régime. L’entente entre ces deux hommes, qui partageaient même des repas familiaux ensemble, s’effritait alors que la révolution déclenchée le 4 août 1983 entamait tout juste sa cinquième année.
A Ouagadougou, les rumeurs de coup d’État se faisaient de plus en plus persistantes. « Le jour que vous entendrez que Blaise Compaoré prépare un coup d’État contre moi, ce n’est pas la peine de me prévenir. Car, ce serait trop tard », avait lancé avec prémonition Thomas Sankara à des journalistes.
Il faisait ainsi allusion à la forte amitié qui le liait à Compaoré. Par naïveté ou par impuissance, le charismatique chef de la révolution burkinabé n’échappera donc pas aux balles de son entourage.

L’effet d’une bombe sur le continent

Sa mort fit l’effet d’une bombe.
Au Burkina et partout sur le continent, tout le monde est sous le choc. La consternation est générale notamment au sein de la jeunesse africaine.
Le rêve placé dans ce jeune officier de 38 ans vient de se briser. Arrivé au pouvoir 4 ans plus tôt à la suite d’un coup d’Etat mené par un groupe de jeunes officiers, le capitaine Thomas Sankara avait engagé une révolution pour changer les mentalités dans son pays, la Haute-Volta, l’un des États les plus pauvres de la planète. Il encourage ses compatriotes à compter sur leurs propres forces. Son gouvernement engage alors de vastes chantiers dans les domaines de la production, de l’éducation, de la santé, du logement, des infrastructures, etc.

Un président à convictions

Ses successeurs dresseront un bilan positif de ces quatre années de révolution.
Thomas Sankara reprend à son compte les discours panafricanistes de Kwamé Nkrumah ou de Lumumba. Il pourfend l’impérialisme dans ses discours et appelle à de nouveaux rapports entre le Nord et le Sud.
Invité au sommet Franco-africain de Vittel quelques mois après son arrivée au pouvoir en 1983, il refuse de serrer la main à Guy Penne, le conseiller de François Mitterrand venu l’accueillir à l’aéroport à Paris pour protester ainsi contre le manque de considération à un chef d’État africain.

Thomas Sankara s’attaque avec force à l’apartheid. A la tribune de l’OUA, des Nations unies, son discours dérange. « Je dis que les Africains ne doivent pas payer la dette. Celui qui n’est pas d’accord peut sortir tout de suite, prendre son avion et aller à la Banque mondiale pour payer », avait lancé le président burkinabé dans un tonnerre d’applaudissements à la tribune d’un sommet de l’OUA à Addis-Abeba.

Un président rigoureux et modeste

L’homme tranchait des autres présidents par sa simplicité et la rigueur imposée aux membres de son gouvernement. Il avait mis au garage les Limousines du parc automobile de l’Etat, imposant des Renault 5 comme voitures de fonction pour lui et ses ministres.
Pour inciter la consommation locale, il imposait des tenues en cotonnade tissée à la place des costumes occidentaux. La corruption avait disparu dans ce pays qu’il avait rebaptisé en 1984 Burkina Faso : la patrie des hommes intègres en langue locale.

La révolution multiplie les victoires mais aussi les erreurs, comme la décision de rendre gratuit durant toute une année les loyers, ou les dérives des Comités de défense de la révolution (CDR) qui faisaient la loi dans les quartiers et les services ou encore les nombreux « dégagements » de fonctionnaires pour manque d’engagement dans la révolution, ou une diplomatie régionale très critique à l’égard de ses voisins, en dehors du Ghana de Jerry John Rawlings.

Quinze ans après sa disparition, les Burkinabés gardent de lui l’image d’un homme intègre, qui a changé les mentalités de ses concitoyens et donné une dignité à son pays. Une image et un idéal qui résistent encore au temps et dont se réclament une demi-douzaine de partis politiques, détenteurs de sept sièges à l’Assemblée nationale depuis les élections législatives de mai dernier.


Posté le 25/08/2007 | 35 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

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